27.04.2008

Futurs médaillés à Pékin?

Source : Le Figaro

 
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Alain Bernard n'avait pas réalisé de préparation spécifique pour ces championnats. AP/Michael Sohn

Le renouveau
de la natation française

par Mathieu Idiart (Sport24.com)
25/03/2008

Deuxième nation au tableau des médailles à l'issue des Championnats d'Europe, la France a confirmé la naissance d'une nouvelle génération de champions d'où émerge évidemment Alain Bernard, nouvelle star des bassins.

Les années creuses de la natation française sont bien loin. Une période où la Direction Technique Nationale préférait imposer des conditions draconiennes en termes de minima pour assurer une bonne représentation aux Championnats du Monde 2001 et 2003 quitte à envoyer des délégations réduites au strict minimum et à laisser sur le carreau des grands noms tels que Roxana Maracineanu.

Bernard, nouvelle idole

Est-ce l'apparition d'une génération spontanée ou la conséquence d'une plus grande professionnalisation des structures nationales ? La cause n'est pas clairement établie mais le constat ne varie pas. La France est devenue l'une des meilleures nations européennes et ne dépareille plus dans le concert international. La meilleure preuve en est sa deuxième place au tableau des médailles décrochée derrière la Russie. Et en plus, d'une moisson de breloques (5 en or, 4 en argent et 3 en bronze), la natation tricolore s'est découvert une nouvelle superstar. En l'espace d'un week-end, Alain Bernard a sonné le monde fermé du sprint mondial en réalisant le doublé de rêve 50-100m nage libre avec surtout trois records du monde battus en trois jours. «Je ressens de l'émotion car cela arrive toujours au moment où l'on s'y attend le moins et s'il y a un moment où je ne m'y attendais pas c'était bien ici», affirme Bernard qui n'avait pas réalisé de préparation spécifique pour ces Europe. Impressionnant de puissance, l'Antibois commence à toucher les fruits d'un entraînement très poussé sur le plan physique. Avec son entraîneur, Denis Auguin, le Français a pris le parti inverse de bon nombre de ses adversaires, et notamment de la brindille suédoise Stefan Nystrand, en privilégiant la puissance.

Un physique impressionnant

Ses épaules de déménageur sont presque une insulte aux lois les plus simples de la pénétration dans l'eau mais cette force inhabituelle dans les bassins est servie par une technique parfaite. Et comme en plus, le sprinteur a nettement amélioré ses départs, toutes les ambitions lui sont permises : «Ce n'est qu'une partie de mon rêve qui s'est réalisée à Eindhoven, il faut que je reste vigilant pour aller jusqu'au bout (Ndlr : à Pékin). Je ne me fixe pas de limites», annonce-t-il sur RMC avant de souhaiter sincèrement le retour du grand absent du bassin de Tongelreep, Pieter van den Hoogenband : «J'espère qu'il va vite se rétablir. Il a été le roi du sprint pendant des années, c'était l'homme à abattre maintenant c'est moi. Il va falloir assumer ça.» L'Antibois a également réussi à faire oublier Laure Manaudou durant la semaine néerlandaise. La belle ne s'en plaindra pas mais ses performances méritent tout de même que l'on s'y arrête. La championne olympique n'avait réalisé, comme la plupart des nageurs français, aucun plan d'entraînement particulier pour cette compétition et s'était même concentrée sur le dos quitte à délaisser son 400m nage libre fétiche.

Manaudou chatouillée par Pellegrini

Très réticente par le passé à s'aventurer sur le 200m dos, Manaudou a suivi les conseils de Lionel Horter qui avait conduit Roxana Maracineanu sur le sommet mondial de cette discipline en 1998. Sa relation de confiance avec son coach mulhousien sortira grandie de ces Europe puisqu'elle est devenue championne d'Europe avec le record de France à la clé. Si le 100m dos lui a échappé de peu face à la Russe Zueva , Manaudou est repartie rassurée sur sa préparation. Pour retrouver de la motivation, la Française n'a eu de toute façon qu'à regarder le 400m nage libre disputé lundi. Son record du monde est tombé et pas dans n'importe quelles mains puisque c'est son ennemie déclarée, Federica Pellegrini, qui plus est nouvelle petite amie de son sulfureux ex Luca Marin, qui l'a battue. Pour ne pas ajouter à la tension entre les deux jeunes filles, l'Italienne assure que son geste après sa victoire était dirigé envers son entraîneur qui lui reproche de ne pas assez s'entraîner et envers les officiels qui l'avaient disqualifiée sur le 200m nage libre et non pas contre la Française. Les retrouvailles à Pékin promettent tout de même des étincelles.

Dans le sillage de ces deux champions, les autres nageurs français se sont distingués. Aurore Mongel a ouvert une brèche sur 200m papillon jusqu'ici jamais exploitée par les nageuses françaises en s'offrant le titre européen et le record de France sans oublier sa médaille de bronze sur 100m papillon. Sur 400m nage libre, Coralie Balmy, médaille d'argent, a confirmé que la menace venait aussi de l'intérieur pour Laure Manaudou. Après des années d'errance, Hugues Duboscq a, lui, signé son retour au premier plan avec médailles d'argent et de bronze sur 100 et 200m brasse alors que Camille Muffat a empoché le bronze sur 200m 4 nages et qu'Amaury Leveaux a profité du 200m nage libre pour battre le record de France et s'offrir une médaille d'argent. Un bonheur presque parfait symbolisé par l'or décroché par le relais féminin sur le 4x200m nage libre.

31.03.2008

Des Jeux Olympiques très politisés

Source : Le Figaro

Les Européens divisés
sur les JO de Pékin

Alain Barluet
28/03/2008

Il incombera à la France , qui présideral'Union au moment des Jeux, de parler d'une seule voix. Les Vingt-Sept en discutent aujourd'hui en Slovénie.

Faut-il assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin pour protester contre la répression chinoise au Tibet ? La question figure au cœur de la réunion des chefs de la diplomatie européenne, aujourd'hui à Brdo, en Slovénie. À Londres, jeudi, Nicolas Sarkozy a joué la montre, témoignant du casse-tête auquel lui et ses partenaires sont confrontés. «J'espère bien qu'on va mettre à profit ces mois qui nous restent pour que la situation s'apaise et, partant, en fonction de la situation au Tibet, je me réserverai le droit de dire si je vais ou non à la cérémonie d'ouverture», a-t-il dit. Le chef de l'État, qui prendra la présidence de l'UE le 1er juillet prochain, a également déclaré qu'il se devait de consulter à ce propos les Vingt-Sept.

Ceux-ci apparaissent largement divisés. Certes, la plupart des États membres se réfugient, comme la France , derrière une attitude attentiste, réservant leur décision définitive afin d'inciter Pékin à entamer un dialogue avec le dalaï-lama. «Nous avons cinq mois pour voir venir», a expliqué la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.

La Pologne , quant à elle, a pris position en faveur du boycott. «Je n'ai pas l'intention de participer à la cérémonie d'ouverture des Jeux», a déclaré jeudi le premier ministre Donald Tusk, jugeant «la présence d'hommes politiques inopportune». À l'inverse, le Royaume-Uni, qui organisera les Jeux olympiques de 2012 et qui n'a aucun intérêt à s'associer à un boycottage risquant de se retourner contre lui, a décidé d'y participer au plus haut niveau. Sans aucun état d'âme apparent. «Nous sommes pleinement engagés à soutenir les JO», a expliqué le secrétaire au Foreign Office, David Miliband. «Nous voulons que ce soit un succès et je pense qu'il est juste que le premier ministre nous représente», a-t-il dit.

«Recoller les morceaux»

Une troisième catégorie de pays adopte une position médiane. Ainsi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que ni Angela Merkel, ni lui-même, ni le ministre allemand des Sports n'avaient envisagé de se rendre à la cérémonie : «Dès lors, il n'y a donc rien à annuler». C'est à Nicolas Sarkozy qu'il appartiendra de «recoller les morceaux» d'une UE partagée. Confronté à une crise qui prend de l'ampleur, le président de la République s'efforce de jouer tactique. Un œil sur l'état de l'opinion, il doit également tenir compte de la pression internationale croissante sur Pékin.

Sachant aussi que, comme nombre de pays, il ne veut pas, ne peut pas, prendre à rebrousse-poil la Chine , partenaire économique et diplomatique de premier plan. «Il ne faut pas pousser la Chine à adopter un réflexe nationaliste», argumente-t-il, s'estimant bien placé pour faciliter un dialogue entre le chef spirituel des Tibétains et Pékin. Les diplomates, à l'Élysée notamment, s'activent dans ce sens, s'efforçant, selon l'un d'eux, de tenir une ligne «à la fois ferme sur les principes mais qui n'agite pas le chiffon rouge» devant les responsables chinois sur la question pour eux ultrasensible du Tibet. La voie est bien étroite. Et au chronomètre, chaque seconde nous rapproche du 8 août…

22.03.2008

Le deuxième acte des réformes

Source : Le Figaro

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Jean-François Copé: « Les Français attendent de nous du courage dans la démarche, de la clarté dans nos réformes et de la concertation. » Crédits photo : Le Figaro

 

 

Copé : «Les réformes,
c'est maintenant ou jamais»

Propos recueillis par Sophie Huet
21/03/2008

«Nier» la défaite des municipales «serait ridicule», estime le président du groupe UMP.

LE FIGARO. Comment voyez-vous le PS après sa victoire aux élections municipales et cantonales?
Jean-François COPÉ. C'est toute la contradiction. Ce sont les fiefs roses qui sortent renforcés de ces élections, ce n'est pas le Parti socialiste lui-même. Je trouve bien au contraire les socialistes plus divisés que jamais. Ils ont deux défis à relever : au niveau local, comment résister à la tentation de faire exploser les impôts locaux. Et au niveau national, comment être capable de faire enfin des propositions crédibles plutôt que de se borner à faire l'antijeu sur tout ce que nous proposons pour la France.

Les députés UMP ont été traumatisés par la défaite électorale. Comment allez-vous gérer cette situation?
Nous venons de vivre une défaite. Le nier serait ridicule. Le premier travail à faire est un exercice de lucidité auquel nous nous sommes livrés cette semaine, sans oublier que 80 % des députés UMP candidats ont été élus. J'ai souhaité que ce débat ait lieu librement, car c'est ma responsabilité de président de groupe, et que chacun soit respecté. C'est la condition pour garder un état d'esprit positif dans notre équipe. Maintenant, les Français attendent de nous du courage dans la démarche, de la clarté dans nos réformes et de la concertation, pour que personne ne se sente exclu du débat.

Nous entrons dans l'acte II de la présidence de Nicolas Sarkozy. Nous avons deux ans sans élection locale. Ces deux années doivent être mises à profit pour lancer, accélérer et réussir les réformes que nous devons engager. Dans ce contexte, notre majorité entend jouer un rôle de premier plan aux côtés du président de la République et du premier ministre. C'est maintenant ou jamais ! Et c'est dans les trois mois que cela doit se décider, avant que ne commence la présidence française de l'Union européenne.

La «coproduction législative» entre le gouvernement et le Parlement, que vous appelez de vos vœux, n'est-elle pas contraire à l'esprit de nos institutions?
Ah non ! C'est la pratique actuelle qui n'a rien à voir avec l'esprit de nos institutions et l'équilibre des pouvoirs. Le temps des projets tout ficelés votés en urgence par des parlementaires muets d'admiration est révolu. Avec le président et le premier ministre, nous avons défini une nouvelle méthode de travail qui modernise le rapport entre l'exécutif et le législatif. Concrètement, dès que l'idée d'une loi émerge, les députés UMP y seront associés. Nous mènerons ainsi ensemble les travaux exploratoires, les auditions, les études d'impact, les échanges avec nos électeurs, notamment par Internet. D'ailleurs, nous avons lancé deux exemples d'application immédiate : la reprise des propositions du rapport Attali et l'avenir de la télévision publique.

La réforme de l'État ne se heurte-t-elle pas à la réalité du terrain, chaque député voulant conserver son tribunal et son hôpital?
Chacun doit comprendre une chose. Nous, les députés UMP, nous soutiendrons toujours à 100
% les réformes de Nicolas Sarkozy, parce qu'elles sont indispensables ; mais, en contrepartie, nous voulons y être associés à 100%. Bien sûr, la réforme de l'État suscite ici ou là quelques grincements de dents, mais ce qui compte le plus, c'est la concertation, qui est parfois insuffisante. Quand on prend le temps d'expliquer, d'écouter, de planifier dans le temps, les choses se passent toujours mieux.

La réforme des institutions peut-elle, comme le souhaite Bernard Accoyer, recueillir le consensus le plus large?
Oui bien sûr, car cette réforme nous concerne tous, majorité comme opposition. Son principal objectif est de renforcer les pouvoirs du Parlement. Je ne peux pas imaginer que l'opposition ne soit pas aux côtés de la majorité dans sa démarche.

Qu'allez-vous reprendre des propositions du rapport Attali?
C'est trop tôt pour le dire. J'ai rencontré longuement Jacques Attali jeudi. Son rapport comprend des propositions de très grande qualité. Nous avons décidé de rebondir sur ces propositions pour en faire le projet des députés UMP au service de la croissance, de l'emploi et du pouvoir d'achat. Cent soixante d'entre nous se sont mobilisés pour travailler en détail sur ce rapport avec en tête trois mots-clés : le courage, le dialogue et l'action.

Vous présidez la commission sur l'avenir de la télévision publique française. Où en êtes-vous dans vos réflexions?
Le rythme s'accélère. Nous travaillons en toute transparence. Nous avons multiplié les auditions, mais nous procédons par étapes. Dans quelques jours, nous lancerons le site Internet qui permettra aux Français de donner leur avis. Croyez-moi, ce rapport ne sera pas de l'eau tiède. Il s'agit d'imaginer un nouveau modèle de télévision publique du futur.

Seriez-vous partisan de boycotter la cérémonie d'ouverture des JO en Chine pour protester contre les répressions au Tibet?

 J'ai été très choqué par ces répressions. Mais, pour autant, je prends mes responsabilités. Ce n'est pas en claquant la porte à la Chine que nous ferons avancer la démocratie et les droits de l'homme. En choisissant Pékin, le CIO a fait le pari que les JO apporteraient un souffle de liberté en Chine. Espérons que ce sera un pari gagnant, là où un boycott reviendrait en fait à détourner le regard.