24.05.2008

Pour de nouvelles institutions?

Source : Le Figaro

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 «Que le président puisse s'exprimer devant le Parlement, c'est un acte très fort sur le plan du symbole», souligne Christine Boutin. Crédits photo : Le Figaro

 

 

«Si j'étais député, je voterais la réforme, sans enthousiasme»

Propos recueillis par Sophie Huet
23/05/2008

Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville était opposée au quinquennat en 2000.

Christine Boutin préside le Forum des républicains sociaux (FRS) «qui revendique l'héritage des valeurs du gaullisme social et de la démocratie chrétienne».

LE FIGARO. - Avec cette réforme des institutions, va-t-on passer à la VIe République ?
Christine BOUTIN. - La question était d'actualité quand on est passé du septennat au quinquennat, en septembre 2000. Le quinquennat a totalement changé notre République, car il induit en lui-même un régime présidentiel et une bipolarisation de la vie politique. J'étais hostile au quinquennat et j'ai voté contre, tant il a changé en profondeur la philosophie de nos institutions, en créant un déséquilibre.Si vous étiez toujours député, voteriez-vous la réforme ?Oui, mais sans enthousiasme, car le quinquennat nous conduit à un régime présidentiel auquel je n'étais pas favorable. Cela dit, Nicolas Sarkozy propose aujourd'hui un rééquilibrage, et je suis surprise que certains députés UMP s'offusquent de ces aménagements, alors que la vraie rupture a eu lieu il y a huit ans et qu'ils n'ont rien dit.

La venue du président devant le Parlement n'affaiblit-elle pas le premier ministre ?
C'est la logique du quinquennat qui affaiblit la fonction de premier ministre. En revanche, il est normal que le président puisse s'exprimer devant le Parlement français, dès lors qu'il peut le faire devant tous les parlements des pays démocratiques. C'est un acte très fort sur le plan du symbole.

Êtes-vous hostile à la suppression du référendum pour permettre l'adhésion de nouveaux pays à l'Union européenne ?
Le Forum des républicains sociaux est favorable à un référendum qui permettrait aux Français de donner leur avis sur l'entrée de nouveaux pays, dont le niveau démographique pourrait déséquilibrer l'Union européenne. Je pense en particulier à la Turquie. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes ralliés à un amendement qui maintient la procédure référendaire pour les pays dont la population représente plus de 5 % de la population de l'Union. C'est pour nous la condition sine qua non du vote de la réforme des institutions.

29.12.2007

Constats de Christine Boutin sur la fin d'année

Source : Le Figaro

 

Boutin : «Je me sens renforcée dans ma responsabilité»

 

Propos recueillis par Claire Bommelaer
24/12/2007

 

 

Après la polémique, le ministre du Logement fait part de sa «détermination intacte».

 

LE FIGARO. Quelles leçons tirez-vous de la polémique sur le logement de votre directeur de cabinet qui a conduit à sa démission ?
Christine BOUTIN. Cette histoire a été douloureuse pour moi, car Jean-Paul Bolufer était un excellent collaborateur. Mais il a fallu trancher, ce que nous avons fait avec François Fillon, mercredi, tard dans la soirée. Je comprends l'émoi soulevé dans l'opinion : il est révélateur de la gravité de la situation du logement en France, qui a accumulé un retard dans la construction de plus de trente ans. Nous commençons à le combler en battant cette année les records de mise en chantier depuis plus de vingt ans.

 

Bertrand Delanoë a proposé, vendredi, de saisir la Cour des comptes pour faire la lumière sur les logements de la ville indûment occupés. Qu'en pensez-vous ?
Sur le fond, c'est sans doute nécessaire. Mais cela demeure une décision de niveau municipal. Le ministre du Logement, en charge de cette politique au niveau national, ne peut se laisser entraîner dans une polémique liée aux seules élections locales. Je ne souhaite pas me retrouver l'arbitre des municipales à Paris.

 

Pensez-vous sortir affaiblie de cette polémique ?
Je n'ai rien à voir avec cette affaire et j'en ai tiré les conséquences en me séparant de Jean-Paul Bolufer. Je me sens plutôt renforcée dans ma responsabilité, tant le premier ministre et le président de la République mettent en avant mes propositions pour résoudre la crise du logement. Le discours de Nicolas Sarkozy à Vandœuvre-lès-Nancy montre combien ces sujets deviennent une cause nationale. Pour ma part, ma détermination est intacte : la politique du logement est une course contre la montre, nous devons construire, toujours et encore, en particulier dans le Nord, en Paca, en Rhône-Alpes et en Ile-de-France.

 

En cette période de Noël, la situation des sans-abri est critique. Que peut faire le gouvernement ?
La mort de cette personne, qui est restée dehors au lieu de se réfugier dans un centre d'hébergement, ne peut que nous émouvoir et nous interpeller. Tout est organisé dans le plan «Grand froid» pour que les personnes renoncent à rester dehors. Chaque fois qu'elles parviennent à convaincre une personne de venir s'abriter, c'est une victoire pour les équipes de maraude. Outre le manque de logement, ces personnes désocialisées nous posent la question de la société dans laquelle nous vivons : l'individualisme règne en maître, qui conduit à la solitude et au délitement de la famille. Presque tous les SDF sont avant tout des «sans-domicile familial». Il faut redécouvrir le lien familial, car l'État ne pourra pas complètement se substituer à la famille et à ses réseaux.

 

Au Vatican, Nicolas Sarkozy a exprimé son souhait de remettre les valeurs chrétiennes au cœur de la société française. En tant que catholique, est-ce un encouragement ?
Je me suis beaucoup investie durant la campagne présidentielle aux côtés de Nicolas Sarkozy pour que ces valeurs inspirent le programme, notamment en matière de politique sociale. Je pense que le fait de mesurer notre politique à l'aune de ses bénéfices pour la personne et les plus fragiles d'entre nous est fondamental. En cette veille de Noël, il nous faut collectivement réfléchir au type de société que nous voulons. Je sais, quant à moi, que je ne veux pas d'une société Kleenex, où l'humain et la famille seraient relégués au second plan.

 

 

30.09.2007

Logement: Sarkozy félicite Boutin

 

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Alors que la délocalisation du ministère du Logement a pris fin vendredi, Nicolas Sarkozy a tenu à féliciter Christine Boutin de cette initiative. "Cette démarche constitue la première étape de mise en oeuvre d'une politique du logement qui devra être plus juste et plus efficace pour améliorer rapidement et durablement la situation du logement en France", a-t-il déclaré.

Source : JDD 29.09.2007

18.09.2007

Logement: Christine Boutin donne le coup d'envoi des "réunions de chantier"

601e4ed65dccc15359ccca3497652b58.jpgLa ministre du Logement, Christine Boutin, a donné le coup d'envoi mardi des "réunions de chantier" organisées sous l'égide de son ministère délocalisé à Lyon pour une dizaine de jours afin de mobiliser l'ensemble des acteurs du secteur du logement. "Nous parviendrons à résoudre la crise du logement si tout le monde se réunit autour d'une ambition commune", a déclaré la ministre, chaussée de bottes pour circuler dans les allées boueuses du "village" du Logement --à la suite de pluies diluviennes-- installé depuis lundi dans une vingtaine de bungalows place Bellecour, en plein centre de Lyon.

"J'assume ce côté communication, je le renvendique même", a répondu la ministre face aux critiques contre cette opération d'un coût de 250.000 euros, soulignant qu'"il faut bien des vecteurs pour faire passer des messages, et les vecteurs d'aujourd'hui, ce sont les médias". La ministre du Logement a pour objectif de mettre en musique les deux engagements fixés par Nicolas Sarkozy: construire chaque année 500.000 logements, dont 120.000 logements sociaux, et permettre à 70% des Français de devenir propriétaires (contre 57% aujourd'hui). L'inauguration du "village" s'est déroulée mardi en présence de Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon, qui a défendu son propre bilan en terme de logements, avec "la construction l'an dernier de 7.000 logements" et "le doublement de la production de logements sociaux entre 2000 et 2007". Jusqu'au 28 septembre, une trentaine de "réunions de chantier" avec les acteurs du secteur devraient déboucher sur des accords sur toutes les questions relatives au logement, de l'hébergement d'urgence jusqu'à l'accession à la propriété.

Le ministère a ainsi signé une première convention mardi avec la Sovafim, un organisme public chargé de valoriser les actifs immobiliers de l'Etat. Cette convention fixe un délai maximum d'un an entre l'acquisition d'un terrain par la Sovafim et sa revente à des promoteurs immobiliers pour la construction de logements. Mardi après-midi, le ministère devait signer une deuxième convention avec la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Caisse d'Epargne, qui prévoit un prêt de 500 millions d'euros pour la construction de logements sociaux. Pour améliorer les problèmes de logements des étudiants, la ministre a annoncé qu'elle prévoyait "une extension du mécanisme de la Garantie des risques locatifs (GRL)" pour inciter les propriétaires à louer davantage leur bien à des étudiants.

L'extension de la GRL, qui permet d'assurer les propriétaires contre les loyers impayés, sera au programme de la ministre mercredi avec la signature d'une convention avec l'Union d'économie sociale pour le logement et l'Agence nationale pour l'habitat.

17.09.2007

Le ministère du Logement sous la tente à Lyon pendant dix jours

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LYON (AFP) — La ministre du Logement Christine Boutin s'installe à partir de lundi à Lyon, pendant 10 jours et avec 35 collaborateurs, pour y rencontrer de nombreux acteurs de l'immobilier réunis dans la ville à l'occasion de trois congrès. La ministre siégera place Bellecour au centre d'un dispositif composé de vingt-cinq Algéco (constructions modulaires) et d'un chapiteau devant abriter les services de communication et techniques du ministère qui s'installe, du 17 au 27 septembre, dans une "ambiance chantier" avec une décoration à l'avenant - bobines et palissades en bois, graffitis, etc.

 Mme Boutin travaillera, elle aussi, dans un Algeco et l'organisation de cette décentralisation sur la plus grande place de Lyon, là où les Don Quichotte avaient installé leurs tentes l'hiver dernier, coûtera 250.000 euros."Je reconnais la dimension médiatique de cette opération, c'est un outil de communication", a déclaré la ministre devant la presse, tout en soulignant que "au-delà, il y a du fonds: je signerai des conventions et des chartes, je participerai à des assemblées générales, je ferai des annonces importantes, ça va être du concret, pas seulement de la frime". L'objectif de Mme Boutin est de "mobiliser l'ensemble des acteurs de la chaîne du logement" afin que "chacun dans notre pays soit assuré d'un toit".La ministre souhaite déboucher sur "un accord et des engagements précis en faveur de l'accélération de la construction de logements en France" afin "de permettre à 70% des Français de devenir propriétaires", ce qui implique "la construction de 500.000 logements par an, dont 120.000 sociaux". En 2006, 420.000 logements neufs ont été construits en France métropolitaine et 105.000 nouveaux logements sociaux, neufs ou anciens, ont été mis sur le marché.

Dans ce but, Mme Boutin doit rencontrer une quarantaine d'acteurs de l'immobilier: constructeurs, banques, agents immobiliers, bailleurs privés et sociaux, maires, notaires, associations d'insertion, etc. La décision de délocaliser le ministère vient précisément du fait qu'un certain nombre d'entre eux seront réunis à Lyon pendant la deuxième quinzaine de septembre, à l'occasion de trois congrès: celui des organismes HLM, celui de la fédération des promoteurs-constructeurs et celui des notaires. L'idée est d'obtenir de la part de chaque partenaire rencontré un engagement sur une question particulière: l'hébergement d'urgence, la vente de logements sociaux ou de terrains publics, l'accès au crédit des plus démunis, le coût de la construction, la garantie des risques locatifs, etc. Parmi les autres rendez-vous attendus figure la deuxième réunion du comité de suivi du Droit au logement opposable (Dalo), prévue à Lyon le 24 septembre.

Le comité doit rendre son avis sur le décret d'application de la loi votée le 5 mars. La secrétaire d'Etat à la politique de la Ville Fadela Amara doit se rendre avec Mme Boutin à Vaulx-en-Velin (Rhône) le 21 septembre, et les ministres Christine Albanel (Culture) et Rachida Dati (Justice) doivent passer par la place Bellecour, respectivement le 18 et le 24 septembre.

14.09.2007

Christine Boutin "portera" et "soutiendra" le prêt à 0% vert

 

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La ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, "proposera une réflexion pour la mise en place du prêt à 0% vert", dont la création a été proposée vendredi par l'Union nationale des constructeurs de maisons individuelles (UNCMI) en partenariat avec le Crédit Foncier. "Je porterai cette demande", a indiqué la ministre, avant d'ajouter qu'elle "soutiendrait" ce nouveau prêt. Amortissable sur 15 ans, ce prêt à 0% serait attaché à la pierre et non à la personne. Destiné à financer le surcoût engendré par les investissements engagés pour baisser la consommation énergétique des logements, il varierait en fonction du niveau de performance atteint dans le neuf. Dans l'ancien, il financerait à 100% les travaux permettant de gagner au moins trois niveaux du diagnostic de performance énergétique (DPE). Toutefois, Christine Boutin a précisé qu'elle "ne voulait pas qu'on oublie le volet social" des prêts à 0% mettant une fois encore en garde contre le risque "de double peine" encouru par les ménages les plus modestes: d'une part, leurs logements ne seraient pas remis aux normes et d'autre part, leur facture augmenterait. FV (14/09/2007)

 Source : http://www.lemoniteur-expert.com/actualite/immobilier/christine_boutin_portera_soutiendra_pret/D00C16B33.htm

12.09.2007

DALO: CB assure que les SDF et ceux vivant dans un habitat insalubre sont concernés

La ministre du Logement Christine Boutin a assuré mercredi que les sans domicile fixe et les personnes vivant dans un habitat insalubre seraient bien mentionnés dans le projet de décret sur le droit au logement opposable (DALO), en réaction à la polémique lancée "Le Canard enchaîné".

L'hebdomadaire satirique indique mercredi ne pas voir vu ces deux catégories figurer de façon explicite parmi les "ménages ultra prioritaires" dans le projet de décret. Mme Boutin a reconnu dans un communiqué publié mercredi que le texte de loi ne donnait de précisions que pour qua

tre des six catégories de "ménages ultra prioritaires" (ménages avec enfants, personnes menacées d'expulsion, hébergées temporairement ou présentant un handicap) définies par la loi sur le droit au logement opposable du 5 mars 2007. Selon la ministre, le texte de loi "se suffisait à lui-même" pour les deux catégories restantes. Elle a cependant décidé de les mentionner également dans le projet de décret.

 Le Comité de suivi du DALO, chargé d'examiner le projet de décret, se réunira le 24 septembre à Lyon pour rendre son avis officiel. Le droit au logement opposable, qui oblige l'Etat à offrir un "logement décent et indépendant" à toute personne qui en est privée, sera mis en oeuvre progressivement.

Il concernera les "ménages ultra prioritaires" à partir du 1er décembre 2008, puis toutes les personnes éligibles au logement social n'ayant pas obtenu de réponse dans un délai anormalement long à partir du 1er janvier 2012. AP

Source : La Tribune

11.09.2007

Christine Boutin: « Il faut permettre aux français d'être propriétaires »

La rédaction - Bourdin & Co - RMC, le 10/09/2007

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La Ministre du Logement et de la Ville était reçu ce lundi 10 septembre par Jean-Jacques Bourdin sur RMC.

J-J B : Vous n’avez pas de leçon de sensibilité à prendre si j‘ai bien compris... [C. Boutin avait réagit sur l’intervention à Aubervilliers de Rama Yade en attribuant cette « erreur » à son manque d'expérience et lui avait conseillé de ne pas se laisser aller à l'émotion, ndlr]

 C B : Cette affaire est classée pour moi, j’aime beaucoup Rama Yade ; ce qui est important c’est qu’on arrive à résoudre le problème d’Aubervilliers. M. le Préfet Balland a pris en charge ce dossier.

J-J B : On peut juste dire que la prochaine fois elle viendra vous voir avant de s’en mêler comme elle l’a fait ?

C B : Il n’y a aucun problème entre nous, Rama est une collègue très sympathique.

 J-J B : Parlons de logement : vous êtes allée en Espagne où il y a 86% de propriétaires contre 56% en France. Les espagnols peuvent réduire jusqu’à 15% du montant de leurs intérêts d’emprunts, jusqu’à concurrence de 1400 euros par an. Est-ce qu’on va faire de nouveaux efforts dans ce domaine là ? Si j’ai un revenu même raisonnable, si je suis locataire et que je veux me loger c’est très compliqué…

C B : Le Président de la République a dit pendant sa campagne présidentielle qu’il souhaitait que la France devienne un pays de propriétaires. Donc effectivement l’Espagne est un modèle intéressant, cela dit, ce qui m’a surtout frappé c’est le mode de financements de cet immobilier, qui a montré que le logement est facteur de croissance. Il est donc indispensable que le logement devienne une priorité dans ce pays, car, à côté de la valeur travail qui a été parfaitement développé par le Président et qui a été pris par les Français à la suite de sa campagne et de sa responsabilité présidentielle, je pense qu’il faut le logement. Et en Espagne, on nous montre que le logement a eu un effet détonateur. Tout le monde montre l’Espagne comme un exemple de créativité, de développement, et c’est le logement qui a permis ça

J-J B : Mais avec beaucoup de prêts hypothécaires ?

C B : Oui mais les prêts hypothécaires ne sont pas du tout gênants.

J-J B : Avec des banques qui prêtent sur quarante ou cinquante ans ?

C B : Oui mais ce qui montre bien que la réalité d’aujourd’hui est une réalité de l’argent. En France on commence à avoir des prêts sur plusieurs dizaines d’années. Je pense qu’il y a toujours un problème au niveau du partage des richesses et je pense qu’un jour viendra où il faudra vraiment se poser la question de l’argent et de sa valeur.

J-J B : Quand la première mesure prise par le Président c’est le bouclier fiscal, on n’aborde pas vraiment la question du partage de l’argent.

 C B : Il faut aller petit pas à petit pas pour que les choses soient bien comprises. Cette mesure est une mesure fiscale. Je suis heureuse de cette décision, dans la mesure où, grâce à l’interrogation qui a été posée par le Conseil Constitutionnel, pour les petits, pour les faibles, pour ce qui n’ont pas beaucoup de revenus, elle est favorable aux plus fragiles de notre pays.

J-J B : Le problème en Espagne est qu’il y a moins de locataires et que quand on est jeune on est obligé d’habiter chez ses parents.

C B : Je me suis aperçue d’un autre problème quand je me suis rendue en Espagne, c’est que s’il y avait 86% de propriétaires, en fait les espagnols se posent beaucoup de questions et nous en France nous avons beaucoup de chance par rapport à eux, parce qu’eux n’ont pas, sur le marché du logement, différentes catégories. Ils n’ont quasiment pas de locations, ils n’ont pas de parc social, alors que nous nous avons les HLM, un parc locatif, un parc de privés propriétaires. Je pense qu’il faut que nous fassions un effort pour que le logement ne soit pas aussi lourd dans le budget des familles mais je pense qu’il ne faut surtout pas que l’ensemble de notre parc soit un parc propriétaire. En tout les cas c’est vraiment le message que les espagnols m’ont passé qu’ils soient de Droite ou de Gauche, parce que là, il arrivent à un blocage, en particulier les jeunes, qui n’arrivent pas à quitter leur maison.

J-J B : Donc il faudrait une France de propriétaires mais dans certaines limites ?

 C B : Je pense qu’il faut donner aux Français cette perspective de devenir propriétaire, mais, en fonction des tranches d’ages, nous avons déjà cette perspective. Il faut augmenter notre moyenne nationale.

J-J B : Concrètement, est-ce que vous allez changer la loi qui oblige les communes à avoir au moins 20% de logements sociaux sur leur territoire ou les obliger à mieux la respecter ?

 C B : Mon objectif n’est pas de mettre mon nom sur une loi, mais de faire en sorte que tous les Français, hommes, femmes, enfants, trouvent un logement dans ce pays. C’est-ce qui me parait le plus important. Depuis ces quatre mois où je suis en responsabilité ministérielle, j’ai beaucoup auditionné et écouté les uns et les autres, tous les partenaires qu’ils soient publics ou privés, que ce soient les élus ou les financeurs, et je m’aperçois que tout le monde a envie de travailler ensemble ; c’est-ce que je vais mettre en place. Pour répondre de manière concrète à votre question, je ne reviendrais pas sur la loi SRU et je la ferai appliquer. Je vais mettre tout le monde ensemble.

 J-J B : Et qu’allez vous faire avec ces communes qui paient des amendes plutôt que de construire des logements sociaux ?

 C B : Le problème n’est pas de mettre en accusation les uns par rapport aux autres, le problème du logement est une crise nationale, il faut absolument que nous y répondions mais il ne s’agit pas de montrer du doigt les uns ou les autres, d’autant plus que les citoyens ont leur part de responsabilité. Car ceux qui ont un logement aujourd’hui n’acceptent plus qu’on construise à coté d’eux, et les maires ont beaucoup de difficultés à construire aussi à cause des réticences de leurs habitants. Il faut donc que, ensemble, nous prenions la mesure de la dimension sociale et morale que nous avons, de construire. On ne peut pas s’intégrer dans une société si l’on n'a pas de logement. Je suis heureuse de constater que tous les partenaires ont envie d’avancer ensemble et il va y avoir des propositions très concrètes qui vont être faites. Dans ma conception du logement, aujourd’hui le gros problème c’est que toute la chaîne du logement est embolisée et qu’il n’y a aucune fluidité. Il faut regarder le logement de celui qui n’en a pas à celui qui est très bien logé car ce dernier peut très bien, un jour, se retrouver sans logement. Il faut donc avoir une vision globale.

 J-J B : Certains propriétaires ne veulent plus louer…

C B : On va essayer de leur trouver des réponses. Certains d’entre eux ont été grugés par des locataires donc il faut donner un certain nombre de garanties. On va mettre en place la garantie du risque locatif, que nous allons rendre universelle. Je pense que les propriétaires vont avoir une satisfaction, une fois que ces partenariats vont être signés, je compte beaucoup sur eux pour libérer les logements qui sont actuellement vacants et qui ne sont pas occupés. Le Président de la République et le Premier Ministre m’ont donné un superbe objectif très ambitieux et difficile à atteindre qui est de 500 000 logements. Cet objectif est indispensable pour que tout le monde soit logé, or, même si tout le monde se met en route, la construction d’un logement demande plusieurs mois.

 J-J B : Mais deux millions de logements vides ne sont même pas recensés !

C B : Il n’y en a pas deux millions, il y en a un certain nombre. Vous me parlez en particulier des propriétaires privés, il y en a à peu près trois cent mille. Je pense qu’avec les mesures que nous allons proposer telle que la garantie du risque locatif et un certain nombre d’accords, nous pouvons avoir rapidement une centaine de milliers de logements qui sont actuellement inoccupés sur le marché. Cent mille logements, ça me permet de redonner une fluidité à l’ensemble de la chaîne du logement. A partir de ce moment là je peux davantage répondre aux obligations.

J-J B : Qu’en est-il du coût ?

C B : Mais il n’y a pas uniquement un problème de coût

J-J B : « 25 milliards d’euros d’ici dix ans » disent les spécialistes du logement…

C B : C’est quelque chose qui participera à la croissance de toute façon. Il y a un vieux dicton qui dit que « quand le bâtiment va, tout va » et moi je veux que le bâtiment aille encore mieux pour que la France aille mieux aussi.

J-J B : Si j’ai un revenu même raisonnable, si je suis locataire et que je veux me loger c’est très compliqué…

C B : Vous avez raison c’est très difficile. Il faut savoir qu’aujourd’hui en France, 72% de la population répond aux critères d’attribution du logement HLM. 22% y accèdent. Dans un monde où il n’y a pas suffisamment de logements, il est évident que le marché fait que les loyers sont exorbitants. Il faut absolument répondre à cette problématique et je pense que la seule réponse véritablement efficace c’est la construction de logements, car aujourd’hui comme il n’y a pas d’offre de logement, le coût est très élevé. Plus on construira et plus le prix de l’immobilier pourra baisser.

J-J B : Où en êtes-vous avec les cautions ?

C B : Justement le problème de la garantie du risque locatif va remettre en cause tout ce système, puisque nous assurerons les propriétaires. Étant assurés, il n’y aura aucune raison qu’il redemande une caution de garantie.

 J-J B : Est-ce qu’on peut demander un plafonnement de la caution ?

C B : J’espère que ce système, dès janvier, sera une bonne solution aux problèmes de cautions, souvent exorbitantes.

J-J B : Parlons de la TVA Sociale ?

C B : Le Président de la République en avait parlé pendant sa campagne, ensuite on a dit que c’était abandonné, puis c’est revenu en discussion. La TVA Sociale est une idée nouvelle, qui touche à l’allégement des charges des entreprises et qui permet de rétablir une égalité entre les produits importés et exportés. Cela me semble être une idée intéressante mais comme toutes les idées nouvelles, ça inquiète un certain nombre de personnes. Avec le forum des républicains sociaux de mon parti qui est associé à l’UMP, nous portons la TVA Sociale. Nous allons même plus loin puisque nous soutenons le dividende l’Universel qui est un nouveau partage de la richesse et qui me semble inéluctable.

J-J B : C’est-à-dire ?

C B : Le dividende Universel, c’est assurer à tous de ne jamais tomber dans l’extrême précarité

10.09.2007

Plaidoyer Christine de Boutin en faveur de la TVA sociale

311fd0bcf6f08d35b2ab2d6dd4b13861.jpgNOUVELOBS.COM | 10.09.2007 | 17:57

 

"Réduire la question de la TVA sociale à celle du pouvoir d'achat est une façon démagogique de préférer le statu quo à la modernisation", a notamment déclaré la ministre du Logement et de la ville. La ministre du Logement et de la ville, Christine Boutin, a plaidé pour l'instauration de la "TVA sociale", samedi 8 septembre devant le mouvement qu'elle préside, le Forum des républicains sociaux Selon elle, "réduire la question de la TVA sociale à celle du pouvoir d'achat est une façon démagogique de préférer le statu quo à la modernisation. C'est une façon honteuse de préférer les délocalisations et le chômage au dynamisme économique et à la création d'emploi". Christine Boutin s'est déclarée favorable à "la perspective de transférer une partie du financement de notre pacte social sur la consommation". "Inéluctable" "J'affirme que cette question est inéluctable", a-t-elle poursuivi, "et je participerai aux débats qui s'annoncent pour montrer que la TVA sociale n'est en rien un cadeau aux entrepreneurs, mais nous engage vers la voie du bien commun". Christine Boutin a aussi apporté son soutien "avec conviction" à la mise en place du revenu de solidarité active (RSA), défendue par le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch. Le ministre, qui défend depuis plusieurs années l'idée d'un dividende universel versé à tous, a estimé que "notre solidarité doit être reconstruite pour être plus forte et plus responsabilisante". Christine Boutin a demandé au Premier ministre François Fillon de faire "une expertise des solutions qui permettront de renforcer notre protection sociale ».

 

Chemins croisés de NDA et Christine Boutin

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Destins croisés pour les deux concurrents qui, fin 2004, affrontèrent Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP. L'une, Christine Boutin, présidente du Forum des républicains sociaux (FRS) et candidate à l'élection présidentielle de 2002, décidait en décembre 2006 de se ranger derrière M. Sarkozy. Après l'avoir soutenu tout au long de sa campagne avec le zèle des nouveaux convertis, elle a été nommée ministre du logement et de la ville. "J'ai vu éclore un chef d'Etat", s'est enthousiasmée Mme Boutin, qui s'est félicitée, samedi 8 septembre, devant les cadres de son mouvement, qui revendique 8 300 adhérents, de son engagement derrière "cet homme qui a su se montrer digne de l'espoir que la nation a placé en lui". Et elle a encouragé le FRS - "parti de gouvernement" -, à se lancer dans la bataille des municipales en tant que "composante de la majorité présidentielle". L'autre, Nicolas Dupont-Aignan, n'a cessé de prendre ses distances avec le président de l'UMP, jusqu'à faire acte de candidature à la présidentielle. Il lui a manqué 52 parrainages. En clôture de l'université d'été de Debout la République (DLR), dimanche 9 septembre, M. Dupont-Aignan a annoncé que son mouvement, qui revendique 9 000 adhérents, allait se transformer en "parti politique à part entière" et rompre les derniers liens qui le rattachaient à une UMP "en coma". Le président de DLR, dénonçant "l'océan de conformisme, de superficialité et de complaisance dans lequel a baigné notre pays tout l'été", s'en est pris au "double langage" et au "cynisme" du chef de l'Etat. Il a appelé les "gaullistes, souverainistes, républicains" à se regrouper pour faire entendre "la voix de la France libre", à l'occasion, notamment, des européennes de 2009.

Patrick Roger pour le journal Le Monde, 10-09-2007

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