29.11.2008
De la crise et du G20
La crise aura fait apparaître une unité, possible, entre tous les États face à un phénomène qui touchait à leurs intérêts.
Cette unité n'est pas nouvelle, et s'est déjà vu au lendemain de guerres ou d'autres crises mettant en jeu la souveraineté des États. Elle aura pu être remarquée à Vienne, à Versailles, à Yalta. Les lieux sont aussi nombreux qu'ils sont emblématiques.
Elle revient comme dans un cycle. A moins qu'elle ne soit toujours présente mais invisible, et n'apparaît aux yeux que lorsque le besoin se fait sentir, et ne soit que la résurgence de la raison d'une histoire commune. C'est dans cette logique que s'est réunis un G20, plus a même d'apporter des solutions crédibles qu'un (modeste) G8.
Les vingt Etats qui se sont rencontrés ont préféré le discours d'union à la politique de défiance. Cette réunion est d'autant plus admirable qu'elle a accouché de plusieurs mesures concrètes sur des thèmes concrets. Que pouvait on espérer d'un travail, de discours, réunissant autant d'Etats différents, dont les intérêts ne sont pas forcément concordants?
Cette première réunion a jeté les bases réelles en vue de la réforme du système financier par celle des institutions, sur au moins trois directions :
« La première est d'accroître le nombre des pays qui y sont associés.
La deuxième est d'accroître leur légitimité par des propositions de meilleure gouvernance, c'est-à-dire par une plus grande transparence dans les actions conduites par les institutions internationales.
Et la troisième direction, qui est d'importance, c'est d'augmenter les moyens dont disposeront ces institutions financières réformées. » (M. FITOUSSI, président de l'OFCE, lors un chat au Monde)
En attendant une seconde réunion qui devrait refondre matériellement les institutions de Bretton Woods, qui aura lieu avant le 30 mars 2009, les Etats n'ont pas attendu l'aggravation de la crise pour lancer les plans de relance. Ces mesures sont préparées et faites à la lumière du premier G20.
Cette « symbiose » des politiques permet de soutenir le travail de la commission -institutionnel- de l'ONU chargée de réfléchir sur les mêmes questions.
Il faut donc encore attendre quelques mois pour voir apparaître, plus que les contours, les visages du nouvel ordre mondial. Les acteurs de cette réflexion ne sont plus tout à fait les mêmes puisqu'elle intègre un plus grand nombre d'Etats et autant de situations originales. Rêvons un peu, et imaginons la refonte même de la mondialisation.
Benoît
13:48 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, g20




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