28.09.2008
Les vraies causes de la guerre en Géorgie
Les causes de la guerre en Géorgie sont multiples : on pourrait la rattacher tout d’abord à la volonté de la Russie de reprendre contrôle sur cette ancienne république de l’URSS. Précisons ici que la Géorgie est le pays de naissance de Joseph Staline. Dans l’inconscient collectif russe, la Géorgie est donc dans la zone d’influence « naturelle » de la Russie. Ce sentiment est d’autant plus fort que Wladimir Poutine joue sur cette fibre nationale russe à des fins politiques. A l’opposé, la Géorgie essaie de s’affirmer en dehors de l’ancien Bloc de l’Est depuis la fin de l’URSS : cette république indépendante et souveraine est devenue l’alliée fidèle des Etats-Unis dans cette région stratégique et elle demande une adhésion à l’OTAN, ce que la Russie ne peut accepter. Ces divergences stratégiques expliquent une partie de l’animosité entre la Russie et la Géorgie.
Nous pourrions ajouter ici que cette guerre en Géorgie est aussi liée à des problématiques énergétiques. La Russie et Gazprom, son grand groupe d’hydrocarbures, contrôlent les gazoducs et les oléoducs allant de la Russie vers l’Europe. La Russie, en situation de quasi-monopole, peut donc faire varier les prix et les approvisionnements énergétiques comme bon lui semble. Jusqu’à aujourd’hui, elle n’a jamais menacé la France, mais elle en est potentiellement capable, d’autant plus qu’elle l’a déjà fait pour certains pays de l’est. Certains pays européens, aujourd’hui de l’énergie russe, ont réagi en organisant un projet pour s’approvisionner dans des pays d’Asie Mineure en pétrole. Ce projet vise à construire un oléoduc contournant la Russie pour aboutir en Turquie. Cet oléoduc doit notamment traverser la Géorgie dans une zone proche de celle des combats. La Russie a donc montré sa puissance et sa volonté de conserver un certain monopole pour les exportations d’énergie.
Mais, un facteur décisif dans l’intervention de la Russie a été la position défendue par l’Union Européenne au sujet de l’indépendance du Kosovo. En effet, le Kosovo appartenait à la Serbie, alliée à la Russie. Soutenu par l’Union Européenne, il accédé à l’indépendance contre les volontés serbes et russes : c’était un acte d’ingérence de l’Europe. La Russie a alors prévenu la communauté internationale qu’elle soutiendrait toute demande d’autonomie en Europe. La Russie a donc accompli ses menaces en soutenant les demandes d’autonomie de l’Abkhazie et de l’Ossétie du nord. La Georgie lançant une opération militaire de grande envergure sur ces deux régions, la Russie est intervenue massivement pour « défendre » les autonomistes de l’armée géorgienne.
Avec le conflit lancé cet été dans le Caucase, la Russie a montré qu’elle était de retour sur la scène internationale comme une puissance d’envergure régionale, si ce n’est mondiale. Elle a su tenir tête à l’Union Européenne et aux Etats-Unis, mais la place financière de Moscou a été fortement touchée par un retrait massif d’investisseurs étrangers. La mondialisation financière est-elle donc un facteur de résolution des conflits, les investisseurs ayant peur des pays belliqueux ? Il y a en effet, une certaine interdépendance entre les différentes places boursières mondiales qui pourraient ainsi réguler la géopolitique mondiale. Mais ce n’est sans doute pas suffisant : les géopoliticiens parlent aujourd’hui d’un climat de Guerre Froide entre les Etats-Unis et la Russie.
Louis
14:34 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : géorgie, russie, union européenne, caucase




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