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31.03.2008
Des Jeux Olympiques très politisés
Les Européens divisés
sur les JO de Pékin
Alain Barluet
28/03/2008
Il incombera à la France , qui présideral'Union au moment des Jeux, de parler d'une seule voix. Les Vingt-Sept en discutent aujourd'hui en Slovénie.
Faut-il assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin pour protester contre la répression chinoise au Tibet ? La question figure au cœur de la réunion des chefs de la diplomatie européenne, aujourd'hui à Brdo, en Slovénie. À Londres, jeudi, Nicolas Sarkozy a joué la montre, témoignant du casse-tête auquel lui et ses partenaires sont confrontés. «J'espère bien qu'on va mettre à profit ces mois qui nous restent pour que la situation s'apaise et, partant, en fonction de la situation au Tibet, je me réserverai le droit de dire si je vais ou non à la cérémonie d'ouverture», a-t-il dit. Le chef de l'État, qui prendra la présidence de l'UE le 1er juillet prochain, a également déclaré qu'il se devait de consulter à ce propos les Vingt-Sept.
Ceux-ci apparaissent largement divisés. Certes, la plupart des États membres se réfugient, comme la France , derrière une attitude attentiste, réservant leur décision définitive afin d'inciter Pékin à entamer un dialogue avec le dalaï-lama. «Nous avons cinq mois pour voir venir», a expliqué la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.
La Pologne , quant à elle, a pris position en faveur du boycott. «Je n'ai pas l'intention de participer à la cérémonie d'ouverture des Jeux», a déclaré jeudi le premier ministre Donald Tusk, jugeant «la présence d'hommes politiques inopportune». À l'inverse, le Royaume-Uni, qui organisera les Jeux olympiques de 2012 et qui n'a aucun intérêt à s'associer à un boycottage risquant de se retourner contre lui, a décidé d'y participer au plus haut niveau. Sans aucun état d'âme apparent. «Nous sommes pleinement engagés à soutenir les JO», a expliqué le secrétaire au Foreign Office, David Miliband. «Nous voulons que ce soit un succès et je pense qu'il est juste que le premier ministre nous représente», a-t-il dit.
«Recoller les morceaux»
Une troisième catégorie de pays adopte une position médiane. Ainsi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que ni Angela Merkel, ni lui-même, ni le ministre allemand des Sports n'avaient envisagé de se rendre à la cérémonie : «Dès lors, il n'y a donc rien à annuler». C'est à Nicolas Sarkozy qu'il appartiendra de «recoller les morceaux» d'une UE partagée. Confronté à une crise qui prend de l'ampleur, le président de la République s'efforce de jouer tactique. Un œil sur l'état de l'opinion, il doit également tenir compte de la pression internationale croissante sur Pékin.
Sachant aussi que, comme nombre de pays, il ne veut pas, ne peut pas, prendre à rebrousse-poil la Chine , partenaire économique et diplomatique de premier plan. «Il ne faut pas pousser la Chine à adopter un réflexe nationaliste», argumente-t-il, s'estimant bien placé pour faciliter un dialogue entre le chef spirituel des Tibétains et Pékin. Les diplomates, à l'Élysée notamment, s'activent dans ce sens, s'efforçant, selon l'un d'eux, de tenir une ligne «à la fois ferme sur les principes mais qui n'agite pas le chiffon rouge» devant les responsables chinois sur la question pour eux ultrasensible du Tibet. La voie est bien étroite. Et au chronomètre, chaque seconde nous rapproche du 8 août…
17:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jeux olympiques, chine, tibet, union européenne




Commentaires
Le Tibet est un sujet de conversation facile. Car le Tibet, c'est pratique, tout le monde connaît un peu, voit à peu près ou cela se situe sur la carte. Bref, le Tibet, c'est un peu un thème à la mode, comme on est pour le yoga pilates, les produits bio et contre la junte en Birmanie, il faut aussi être pour le Tibet libre! Ca fait partie du package de la bien-pensance et si on peut professer cela rue Montorgueil avec autour du coup une écharpe de poils de lamas tibétains et un sac aux motifs péruviens… c'est encore mieux.
Car le drame des travailleurs migrants chinois amassés en bidonvilles aux portes des grandes métropoles sans reconnaissance légale ni protection sociale, les femmes battues et les petites filles abandonnées, les vertiges existentiels de tous ces jeunes chinois, enfants uniques qui partent à la dérive, les populations paysannes dans les plaines désertiques des campagnes du Nord de la Chine qui vivent avec moins d'un euro par jour… Tout ça, évidemment, ça arrive en Chine au quotidien et c'est aussi scandaleux, mais ce sont des problématiques de fond, réservés aux sociologues, politologues, économistes et autres spécialistes qui ont le temps de décortiquer la Chine.
C'est pas de moi mais c'est très intéressant
Ecrit par : joak | 02.04.2008
Pourquoi aucun article sur la banderole de la honte du PSG ?
Le problème soulevé par cet épisode est à mettre en corrélation dans une certaine mesure avec les événement tibétains au sens ou ce sont des évènement ou l'on a pu voire la haine de certains hommes envers d'autres
Joak
Ecrit par : joak | 02.04.2008
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