17.03.2009

La Chine, premier pollueur mondial et... nouveau géant des "marchés verts"

La Chine... 

 

nouveau géant


des «marchés verts»

 

Le Figaro et GreenUnivers
17/03/2009

Fabrication d'un panneau solaire à l'usine Suntech Power de Wuxi, en Chine. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Fabrication d'un panneau solaire à l'usine Suntech Power de Wuxi, en Chine.

Eoliennes, panneaux solaires, batteries pour les voitures électriques… La Chine est devenue le leader mondial des technologies propres. Avec GreenUnivers.

Dans l'éolien, les fabricants chinois - et filiales chinoises de groupes occidentaux - de composants ont fourni plus de 56% des équipements mondiaux en 2007, selon le Global Wind Energy Council (GWEC), contre 41% en 2006. Et leur part de marché devrait augmenter significativement à l'avenir. Leur capacité de production atteint environ 8 GW et devrait grimper à 12 GW en 2010, selon le GWEC.

Le pays comptait, fin 2007, 40 gros producteurs de composants d'éoliennes comme Goldwind et Sinovel Wind, les deux plus grands, mais aussi Dongfang, Windey ou encore Sewind. Ils commencent à exporter leurs pales au Japon et en Europe, et comptent bien fournir bientôt les Etats-Unis.

Le marché mondial de la fabrication pèse déjà 8,6 milliards de dollars par an. Sinovel en serait le numéro un, alors qu'il n'était que dixième en 2007, selon son partenaire américain AMSC.

General Electric (GE), l'un des plus gros fabricants mondiaux d'éoliennes, a annoncé de grandes ambitions pour accroître ses livraisons sur le marché chinois, le marché qui connaît le plus rapide développement mondial. GE a annoncé qu'il allait doubler ses livraisons d'éoliennes en Chine en 2009, à 320 unités, contre 159 en 2008. Mais, comme ses rivaux Gamesa et Vestas, qui eux aussi ont récemment remporté de gros contrats, General Electric précise que le matériel livré sera fabriqué… dans ses usines chinoises.

Le leader mondial des éoliennes, le danois Vestas, a lui aussi décidé d'accroître massivement sa production en Chine en investissant plus de 350 millions de dollars sur son site de Tianjin. Vestas China a déjà annoncé, fin décembre, avoir obtenu des commandes de 100 MW de la part du développeur de parcs éoliens China Guangdong Nuclear Wind Power Company, ce qui fait de Vestas China le premier fournisseur étranger en Chine. Vestas possède aussi un site en Mongolie et, au total, emploie déjà 1.800 personnes dans le pays.

La Chine veut, d'ici 2010, plus que doubler sa production d'énergie éolienne par rapport aux 12 GW installés à la fin 2008, ce qui ferait d'elle le numéro 2 mondial derrière les Etats-Unis, passant devant l'Allemagne et l'Espagne, selon le GWEC. Ses aides aux parcs éoliens sont conditionnées à l'utilisation d'éoliennes produites à 70% localement.

Dans le solaire, les nouveaux producteurs poussent comme des champignons. Le pays est devenu premier producteur mondial de modules photovoltaïques dès 2007 avec une production de 1,18 GW. Selon la China Solar Association, l'essentiel est concentré dans la province du Jiangsu avec 1 GW de capacité, soit un quart du total mondial. Des milliers d'entreprises se sont lancées sur ce créneau, alimentant une inévitable surproduction.

Le géant Suntech, qui vient de passer sa production à 1 GW, vient ainsi de licencier 10% de ses effectifs et table sur une chute de 25 à 30% du prix des panneaux photovoltaïques.

Selon une étude du cabinet iSuppli, la production mondiale atteindra 11,1 GW en 2009, en hausse de 62%, contre 7,7 GW en 2008 mais seuls 4,2 GW devraient être installés en 2009 contre 3,8 GW en 2008. Ce qui signifie que la production excèdera la demande de 168%, contre 102% en 2008…

Le chiffre d'affaires du secteur devrait donc chuter de 19% à 12,9 milliards de dollars en 2009, selon iSuppli. La Chine, qui exporte 98% de ses panneaux solaires, pourrait voir disparaître avec cette crise ses producteurs les plus fragiles et ouvrir la voie à une consolidation du secteur. Le chiffre d'affaires du solaire pourrait redémarrer en 2010, quand la chute des prix ralentira.

En 2012, l'Asie (en incluant le Japon) produira 82% des cellules solaires en silicium polycristallin contre 71% en 2008, selon une étude de Greentech Media. Les trois premiers producteurs devraient être la Chine, Taïwan et le Japon, qui devraient fabriquer 12 GW, soit 44% du total mondial, contre 23% pour l'Europe (6 GW) et 16% pour les Etats-Unis (4,3 GW).

La domination de la Chine concerne d'autres activités, comme l'éclairage. Une grande partie des ampoules économes de GE sont ainsi fabriquées en Chine, dans un site en partenariat avec Xiamen Topstar Lighting.

Pour ce qui est des voitures électriques, les constructeurs chinois ont damné le pion à leurs concurrents occidentaux. Le premier constructeur indépendant chinois, Chery Automobile, a dévoilé son premier véhicule électrique, le S18, qui peut rouler, selon lui, à 150 km avec une vitesse maximale de 120 km/h. La recharge de la batterie prend 6 heures sur une prise standard de 220 volts et 80% de la batterie peut être chargée en 30 minutes.

Son rival, BYD Auto a déjà dévoilé plusieurs modèles électriques et hybrides et affiche des ambitions encore plus grandes : il compte en vendre sur les marchés américain et européen dès 2010-2011. Il va démarrer le mois prochain les livraisons de sa F3DM qui peut rouler 100 km sur batterie électrique ou 580 km en mode hybride (avec essence).

La Chine pense profiter du nouveau marché des voitures électriques pour jouer à égalité avec les constructeurs occidentaux historiques… et prendre le leadership mondial, tant sur son propre marché, qui s'annonce gigantesque, qu'à l'international. La Chine vise 60.000 véhicules alternatifs en 2012.

Même dans les biocarburants de nouvelle génération, c'est à dire l'éthanol cellulosique (issu de végétaux non alimentaires), la Chine pourrait devenir le premier producteur mondial en 2013, estime le patron du leader mondial des enzymes, Novozymes qui fournit à la fois les producteurs d'éthanol chinois et américains.

03.03.2009

Statut du beau-parent et reconnaissance de l’homoparentalité et de l’adoption par les couples homosexuels

« Je n’accepterai pas que l’on reconnaisse l’homoparentalité et l’adoption par les couples homosexuels de façon détournée, en le glissant dans une loi sur le statut du beau-parent, prévient Christine BOUTIN, Présidente du FRS - La démocratie chrétienne sociale. Les enjeux pour les enfants comme pour les parents sont suffisamment conséquents pour qu’ils soient abordés de façon franche et débattue. »

« Le fait de reconnaître le statut du beau-parent risque de mener à la reconnaissance objective de l’homoparentalité et de l’adoption par les couples homosexuels. Mais je n’accepterai pas qu’on le fasse au détour d’un projet de loi censé améliorer les relations avec les beaux-parents dans le cadre des familles recomposées. »

« L’altérité sexuelle est un des fondements de notre société. La personnalité et l’identité de l’enfant se construisent dans le rapport au sexe opposé : l’enfant pour se structurer a besoin d’un papa et d’une maman. »

« De plus, à l’instar des associations familiales, je souhaite que l’on débatte de toutes les conséquences provenant du fait de mettre en concurrence le parent biologique et le beau-parent, dans les actes du quotidien comme dans le besoin de repères psychologiques stables pour l’enfant. »

01.03.2009

Un footballeur contre le racisme

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Mensah : « Je voulais rentrer dans mon pays »

La rédaction - Edward Jay - RMC.fr, le 28/02/2009
Le défenseur ghanéen de l'OL est revenu sur les insultes racistes dont il a été victime la semaine dernière contre le Havre. Mensah a songé quitter la France mais il est revenu sur cette décision.

John Mensah, que s’est-il passé contre Le Havre ?
J’ai entendu le supporter. C’était un peu bizarre. Je n’ai pas vu la personne qui m’a insulté. C’est difficile de voir qui c’était, car il y avait plusieurs personnes au même endroit. J’ai joué dans plusieurs pays, mais je n’ai jamais entendu un supporter parler comme cela. Cette situation n’était pas normale. Après, j’étais un peu nerveux et j’ai dit au coach qu’il était difficile pour moi de jouer dans ces conditions. Kader Keita m’a conseillé de laisser tomber et de jouer pour l’équipe. Mais quand je touchais le ballon, j’entendais certaines choses. Je ne pensais qu’à jouer, mais c’était difficile d’entendre de tels mots.

Avez-vous vraiment songé rentrer au Ghana ?
Je me suis dit que je ne pouvais pas continuer comme cela. Je n’avais plus le feeling pour jouer au football. Mon père est mort il y a cinq ans. Ma mère est au Ghana. Et je n’ai personne avec moi ici à Lyon. C’est pour cela que je voulais rentrer dans mon pays.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Je veux continuer à Lyon. L’OL est une grande équipe. Je suis footballeur et je ne suis heureux que sur le terrain.

Que ferez-vous si cela arrive de nouveau ?
La prochaine fois, je serai plus fort et je n’aurais pas besoin de prévenir l’arbitre et d’expliquer pourquoi je suis nerveux, car malheureusement, j’aurais déjà affronté ce genre d’événement. Je saurais donc comment me comporter. Si la personne qui m’a insulté vient me voir, je pense que je pourrais lui pardonner, car je suis chrétien. Et parce qu’aujourd’hui, je suis plus calme. Je lui dirai que nous avons le même sang et que seule la couleur de la peau change. Je n’avais jamais eu cette expérience avant. C’est pour cela que j’étais nerveux et que je n’ai pas bien réagi.

Dans quel état d’esprit avez-vous joué face à Barcelone ?
Je voulais avant tout me consacrer à l’équipe, travailler pour elle. En ce moment, cela va mieux, mais il était difficile de jouer arrière droit. Même si je suis rapide sur le côté, ce n’est pas ma position. L’entraîneur pense que je peux jouer là en l’absence de Clerc et de Réveillère. Je le fais pour l’équipe. Et je suis content de jouer.

29.01.2009

Les Français plutôt satisfaits de leur Présidence Européenne

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Pour 44% des Français, la Présidence française de l'Union européenne est plutôt un succès. C'est le principal enseignement d'un sondage réalisé par Opinionway pour le quotidien Métro. 18% des personnes interrogées pensent que c'est un échec. 38% ne se prononcent pas.

On remarque un fort clivage en fonction des sympathies partisanes, puisque 80% des sympathisants de droite jugent le bilan positif, contre seulement 25% à gauche.

L'événement qui a le plus marqué l'opinion au cours de ces six mois de Présidence est la gestion de la crise financière, citée spontanément par 29% des personnes interrogées, devant la gestion de la crise russo-géorgienne (12%). Les autres dossiers (environnement, immigration, Union pour la Méditerranée) semblent avoir moins marqué l'opinion qui perçoit avant tout cette séquence comme une Présidence de crise.

Pour autant, les avis sont partagés quant aux résultats enregistrés par la Présidence : une même proportion de Français estime qu'elle a permis d'offrir des solutions concrètes concernant la crise financière (39%) et qu'elle ne l'a pas permis (40%). De même pour le conflit russo-géorgien (35% des deux côtés).

Enfin, 61% des personnes interrogées pensent que la PFUE a permis de renforcer la place de la France dans l'Union européenne, 53% qu'elle a amélioré la place de la France dans le monde.

Au vu de ces chiffres, il est important de constater le dynamisme et l’efficacité de notre Président de la République, qui, malgré la durée, beaucoup trop courte, du mandat de Présidence Européenne, a réussi à imposer une politique commune face à la crise.

Renaud GIRON, Secrétaire National Thématique Europe

 

20.01.2009

Une autre façon de parler de l'environnement

Dominique Lang, vous êtes scientifique de formation, journaliste à La Croix et rédacteur des cahiers de Saint Lambert. De surcroît, vous êtes prêtre.
En ce début d'année 2009, quels défis écologiques voyez vous se profiler à court et à moyen terme?

Le défi le plus imposant et immédiat selon moi est celui de prendre la mesure de ce qui est en jeu, et cela de manière collective... De manière a ce que les évolutions nécessaires dans nos comportements aient un effet rapide. Malheureusement, la crise financière en cours met en évidence que les dérégulations qui sont à l'oeuvre ont atteint désormais des tailles inouïes. Et quand cela touche le porte-monnaie, on y est bien sûr immédiatement sensible. Mais c'est le même constat à faire pour les crises alimentaires en cours. Idem pour les crises environnementales, de destruction de l'habitat, d'hyper-urbanisation, de mutilation d'écosytèmes entiers
L'autre défi est celui de ne pas tomber dans le catastrophisme idéologique ou le déni positiviste : il y a d'autres voies possibles. Par exemple, en regardant ce que les crises révèlent comme nouveaux germes de vie. Et là encore, pas de vision idyllique dans cela : chercher ce qui est vivant dans les temps de crise demande beaucoup d'abnégation et de persévérance. Et pourtant, c'est essentiel pour chacun.

La crise risque-t-elle d'éclipser les bonnes résolutions prises dans le passé, comme celles du Grenelle de l'environnement?

On verra bien ! Le risque est toujours grand de ressortir les vieilles ficelles, alors que les défis sont nouveaux. L'élan qu'avait suscité le Grenelle montrait qu'il y avait un frémissement dans la société française : des vieux acteurs opposés étaient capables désormais, au nom des urgences, de se parler et même, de trouver un compromis. Mais voilà, il reste un Grenelle collectif à inventer, notamment auprès des décideurs politiques et économiques qui ont des calendriers et des exigences qui leur semblent prévaloir sur tout le reste...
Le Grenelle est le signe que quelque chose est possible, encore. Mais un signe ne suffit pas pour faire bouger les mentalités...Il faut espérer que les projets de loi du Grenelle II trouveront autant que possible un accueil favorable... cela ne dédouane personne d'aller plus loin et de se poser des questions personnelles sur nos choix de consommateurs, sur nos modes d'existence et sur l'acceptation d'inégalités sociales de plus en plus criantes, au nom d'une certaine conception du progrès social.


Vous venez de créer les Cahiers de Saint Lambert, revue donnant un point de vue chrétien sur la crise environnementale. Pouvez-vous nous en dire plus?

La revue est le fruit d'une rencontre avec un autre journaliste, non-chrétien et vieux militant de la cause écologique. Il est intéressant de voir que sur cette thématique, des gens très différents peuvent se rencontrer et partager un mêmes souci de l'humain et de son monde. Cela n'ôte pas les différences mais montre qu'il y a des combats qui méritent de dépasser les étiquettes par moment.
La revue aimerait avoir ce sens du dialogue sur les défis de la crise écologique. Nous ne donnons pas des réponses toutes faites : nous préférons faire parler des acteurs du terrain qui sont à l'oeuvre, qui ne baissent pas les bras. L'écologie est aussi un bel espace d'oecuménisme pratique pour les chrétiens : la revue fait parler Mgr Barbarin et évoque la figure du protestant Jacques Ellul. Enfin, nous proposons une sélection d'informations, de lieux et de contacts pour aider chacun à se faire une opinion et à se mettre en route à son tour. Au rythme des saisons, notre trimestriel aimerait faire le pari de la réflexion et de la contemplation : celle de l'inouïe générosité du monde naturel et celle de l'humain quand il accepte de tenir sa place, fragile et belle, sans agressivité, au sein de son monde.

Louis

En lien, le blog de réflexions du Groupe de Saint Lambert sur l'environnement.

12.01.2009

2009, une année charnière

                En ce début d’année, toute l’équipe du blog frsj78 vous adresse ses meilleurs vœux pour l’année à venir. C’est aussi l’occasion d’évoquer quelques enjeux pour l’année 2009.

                Tout d’abord, le monde est touché par une crise qui n’a d’égale dit-on que la crise de 1929. Les différents gouvernements mettent en place des plans de sauvetage pour leurs économies. Récemment, l’Allemagne a ainsi décidé un plan de 50 milliards d’Euros. Notons ici, qu’il est tristement intéressant de voir qu’en si peu de temps, les grands pays du Nord ont débloqué pour leurs économies des sommes qu’il se refusaient jusqu’à présent à donner aux pays du Sud pour éradiquer la faim et la misère de la surface de la terre.

                Les Etats unis ont aussi élu Obama comme leur président. Celui-ci a fondé son programme sur le désir de changements au sein de la société Américaine. Fera-t-il ce qu’il a promis ? Mais qu’a-t-il réellement promis ? En France, nous nous attachons souvent à une représentation souvent tronquée du futur président Américain : il symboliserait le retour à la paix mondiale après les années de l’administration Bush dont on ne retiendra que le bourbier Iraquien. De plus, Obama serait l’homme des solutions à la crise économique. Remarquons que l’administration Clinton, elle aussi démocrate, a une importante part de responsabilité dans le surendettement des ménages qui a débouché sur la crise des subprimes. Nombreux sont les conseillers d’Obama à avoir aussi conseillé Clinton. Enfin, les Français attachent souvent à Obama une image de citoyen du monde, voire de « Président du monde », ce qui est faux : Obama a bien compris qu’il serait président d’une nation, les Etats Unis. Ainsi s’est-il prononcé contre l’accord de libre échange avec la Colombie. De surcroît, il a choisi Hillary Clinton comme Secrétaire d’Etat et celle-ci est particulièrement conservatrice en ce qui concerne la politique étrangère.

                2009 est donc une année charnière comme toutes les années de crise : pendant les crises, les équilibres de force internationaux sont amenés à changer. Par exemple, pour la Chine, la situation sociale est grave avec la baisse des marchés, mais la banque centrale Chinois dispose de nombreuses liquidités. La Chine peut donc devenir la superpuissance de demain ou connaître une sévère crise. Les Etats Unis se maintiendront ils ?    

Louis          

26.12.2008

De la crise financière et de l'art

L'effondrement du "financial art", par Aude de Kerros

LE MONDE | 23.12.08



New York est considéré comme la capitale de l'art depuis presque quatre décennies. New York a fait de l'art contemporain (AC) un "financial art", dont la valeur s'élabore grâce à un jeu entre collectionneurs tout à la fois membres des conseil d'administration des musées et des fondations, propriétaires de supports médiatiques, de maisons de vente et de galeries.

C'est un produit financier haut de gamme, dont la dernière version, élaborée après l'effondrement du marché de l'art en 1990, ressemble aux produits dérivés créés au cours de ces mêmes années. Il est fondé sur un système qui recherche la sécurité avant tout. Comme pour ces derniers, ce qui compte n'est pas la valeur intrinsèque, mais la solidité du réseau qui garantit le produit.

New York a allié cette technique de fabrication de cotes à l'expression d'un dogme, élaboré dès la fin des années 1960, arrivé à maturité à la fin des années 1990 : "Les Etats-Unis sont la maquette du monde de demain, qui doit réunir dans la paix et la prospérité toutes les cultures." Son message : "Venez créer en Amérique, venez vous faire reconnaître, vous mêler à toutes les cultures, vous mettre en concurrence. Vous rentrerez chez vous auréolés de gloire et visibles par le monde entier !"

New York n'est pas une capitale de l'art au sens où nous l'entendons en Europe : un lieu de culture, d'échanges intellectuel et artistique à caractère universel, où l'argent et la cote ne sont pas la finalité. Ce n'est pas le lieu privilégié d'une activité mystérieuse et désintéressée qui se nomme création. La notion de créativité, de production convulsive d'idées et de nouveautés propres à alimenter un marché spéculatif, une consommation de masse, base de l'économie. Le principe est : "Venez créer à New York, la production industrielle se fera dans le reste du monde. Nous comptons sur l'apport d'artistes venus de partout pour entretenir le nécessaire climat de créativité multiculturelle, fruit d'un grand métissage, source de prospérité universelle."

La grande métamorphose de 2008 s'est ainsi caractérisée par l'émergence de l'Asie comme lieu de création et comme marché de l'art contemporain. Le Rapport 2008. Marchés de l'art contemporain, publié par Art Price, constate que, sur les dix maisons de vente les plus importantes du monde, six sont chinoises, et que, sur les dix plus fortes enchères obtenues par des oeuvres d'artistes nés après 1945, cinq sont celles d'artistes asiatiques. Un seul Américain se place dans les cinquante premières positions pour des artistes ayant connu leur première vente aux enchères cette année.

Parallèlement, le marché de l'art contemporain à New York s'est effondré cet automne. La conséquence immédiate devrait être, faute de marché financier et de réseaux de consécration, le départ des artistes qui y vivent et y travaillent vers d'autres cieux.

Shanghaï ne le remplacera pas. Son fabuleux marché vient aussi de s'effondrer. Les défenseurs de la valeur du produit dérivé art contemporain, après avoir vanté ses qualités de valeur refuge restent pourtant rassurants : "L'effondrement du marché de New York n'est qu'une péripétie, la troisième du genre. Chaque fois le marché a rebondi." La crise a du bon : "Elle assainit le marché, elle est conjoncturelle et atteint tous les marchés de l'art sans distinction, y compris ceux de l'art ancien, impressionniste et moderne."

Ces affirmations "duchampiennes" visent à protéger l'AC, produit financier et médiatique ne reposant sur aucun critère vérifiable et compréhensible, fruit d'un délit d'initiés. Si le réseau souffre, la valeur s'effondre. L'amalgame fait entre l'art ancien et moderne ne tient pas. Sur ces marchés, seules les oeuvres médiocres verront leur cote s'effondrer. Les critères d'évaluation existent. Ces divers marchés ne sont pas de même nature et ne connaîtront pas le même destin.

Le XIXe siècle s'est achevé par la guerre de 1914, c'est la "très grande crise" qui clôt le XXe siècle. Cet événement touche la planète entière. Tout le monde sait aujourd'hui que la finance ne dit pas la valeur réelle des choses. D'autres critères s'imposent. La crise révèle qu'il y a en réalité deux entités : l'"art" et le "financial art", dit art contemporain. La confusion sémantique s'évanouit. On peut distinguer désormais des artistes libres créant des oeuvres destinées à des amateurs, fortunés ou non, dont la valeur se fait et se vérifie avec le temps, et des artistes au service de réseaux de collectionneurs hyper-riches, fabriquant les cotes en deux ans. Retour au réel ?

En France, cet événement condamne une politique, menée par un corps de fonctionnaires de la culture, les "inspecteurs de la création", qui ont consacré, trente ans durant, 60 % du budget destiné aux acquisitions d'artistes vivants à l'achat dans les galeries new-yorkaises d'oeuvres d'artistes "vivant et travaillant à New York". Ils ont conforté la place financière de New York et ruiné la place artistique de Paris, où des artistes du monde entier venaient aussi vivre et travailler. Dans ces circonstances, le projet faisant partie des "33 propositions pour relancer les artistes français sur la scène internationale", annoncé en octobre par la ministre de la culture et prévoyant la création d'une Villa Médicis à New York, paraît appartenir à une autre époque.

Aude de Kerros, graveur, essayiste

 

Article paru dans l'édition du 24.12.08

 

19.12.2008

Les propositions du FRS jeune pour le permis de conduire prises en compte

La réforme du permis

 

 de conduire bientôt

 

 mise en œuvre

Source: La Croix

Après un an de concertation avec les inspecteurs et les propriétaires d’auto-écoles, l’État doit annoncer dans quelques jours une refonte du système actuel du permis auto

Réclamée depuis l’hiver dernier par Nicolas Sarkozy, la réforme du permis de conduire, qu’il juge « trop compliqué, trop long et trop cher », s’apprête à voir le jour. L’une des priorités sera notamment de réduire les délais d’attente pour passer l’examen, qui varient actuellement de trois à six mois. « Cette attente a créé un climat malsain. Elle a fortement dégradé les relations entre les moniteurs d’auto-école et les usagers, qui nous agressent régulièrement verbalement », souligne Michel Schipman, vice-président du Conseil national des professions automobiles (CNPA) et directeur d’une auto-école à Orchies, dans le Nord.

Pour éviter cet « embouteillage », le ministère des transports souhaiterait simplifier la procédure administrative, en dématérialisant, à moyen terme, l’inscription, qui ne se ferait plus que sur Internet, à l’image du permis bateau. Cela mettrait fin à certaines « aberrations ». Aujourd’hui, les auto-écoles ne peuvent pas commencer la formation à la conduite tant que le dossier n’a pas été enregistré à la préfecture, ce qui peut prendre jusqu’à quatre mois. Il se pourrait également que l’inscription au permis soit regroupée auprès des directions départementales de l’équipement (DDE), qui en ont aujourd’hui la charge avec les préfectures.

Par ailleurs, 55 inspecteurs devraient être recrutés en 2009 pour réduire le déficit actuel de 200 postes. Des inspecteurs à la retraite pourraient même être ponctuellement rappelés en renfort. « Cela nous permettrait de contrôler la qualité des formations dispensées par les auto-écoles, car, depuis plusieurs années, nous n’avons plus le temps de nous acquitter de cette tâche », se félicite Christian Grolier, secrétaire général du Syndicat national Force ouvrière des inspecteurs, cadres et administratifs du permis de conduire et de la Sécurité routière (Snica-FO).

Formation continue des moniteurs

Selon une source proche du dossier, le gouvernement envisagerait aussi de mettre en œuvre un programme de formation continue des moniteurs d’auto-école. Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux transports, estime qu’actuellement « la formation au permis de conduire ne sensibilise pas suffisamment les jeunes aux risques courus ».

L’un des piliers de cette réforme est surtout d’améliorer la réussite à l’examen du permis de conduire. À cet effet, le projet préconise de généraliser la conduite accompagnée aux personnes de 18 ans et plus, sur une période de moins d’un an. Depuis quinze ans, les candidats bénéficiant de l’apprentissage anticipé de la conduite sont près de 70 % à obtenir leur permis au premier essai, contre seulement 48 % pour les aspirants à l’examen traditionnel. Malgré tout, aujourd’hui, seuls 20 % des candidats choisissent cette option.

« C’est une bonne idée. Cela permet de responsabiliser la famille dans son ensemble vis-à-vis du permis », analyse Danièle Rapoport, psychosociologue, directrice du cabinet DRC à Paris. Dans le même ordre d’idées, le gouvernement proposera un rendez-vous post-permis dans l’année qui suit, afin de vérifier si le titulaire a conservé les bonnes habitudes apprises.

La philosophie évolue

Quant à l’examen en lui-même, sa philosophie va évoluer. « Il s’agira désormais davantage d’évaluer une performance globale, notamment le comportement routier, plus que de chercher la faute éliminatoire », explique une source proche du dossier. « Aujourd’hui, un candidat est ajourné s’il commet deux erreurs », précise Christian Grolier. L’examen de code sera lui aussi réformé, individualisé, sur ordinateur et disponible dans plusieurs langues.

Autre chantier crucial, sur lequel repose en grande partie le succès de cette réforme, le financement du permis de conduire, qui coûte en moyenne 1 200 €. « Le permis à 1 € par jour, inventé il y a trois ans, est un échec complet par rapport à la cible, car ce sont les familles qui doivent se porter caution ; or, comme il s’agit souvent de milieux défavorisés, les banques ne leur prêtent pas », se désole Christian Grolier.

Pour y remédier, l’État envisagerait de faire appel à des fonds de garantie, tels que la Caisse des dépôts et consignations, qui avanceraient l’argent nécessaire aux candidats. Un livret d’épargne-conduite et une défiscalisation des cours pourraient également être proposés. Un fonds commun, financé, entre autres, par les recettes des radars, pour abaisser le coût de la formation des candidats au permis de conduire et une diminution de la TVA sur le permis, de 19,6 % à 5,5 %, ont également été suggérés par des professionnels du secteur, mais ne seraient pas retenus par le gouvernement.

Nicolas CESAR, à Bordeaux

08.12.2008

Les paradoxes du développement durable

              

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               De retour de la conférence des Nations Unies à Poznan, Stéphane Buffetaut a partagé quelques réflexions sur l’environnement au cours d’un café politique organisé par les jeunes du Forum des Yvelines. Les nombreux jeunes, parmi lesquels était Diane David, responsable départementale des jeunes populaires, le remercient pour sa disponibilité. En effet, Stéphane Buffetaut est président de l’observatoire économique et social européen (CESE) et vice président de la section énergie et transports du CESE. Nous rapportons ici quelques réflexions que nous avons pu avoir à la suite de cette rencontre.

               Tout d’abord, cette conférence de l’ONU a été l’occasion de souligner que la vue partagée du développement durable n’est plus vraiment partagée quand il s’agit des moyens à mettre en œuvre. En effet, les pays du Sud considèrent que le développement durable comme un paradigme du Nord, contraignant pour leur propre développement. Il réclament ainsi des transferts de technologies et des financements aux pays du Nord de façon à ce qu’il puissent satisfaire aux objectifs de réduction de leurs pollutions, notamment en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre. Avec le Protocol de Kyoto, les pays signataires s’engagent en effet à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone de 20% d’ici à 2020. L’Union Européenne, voulant apparaître comme un modèle dans ce domaine, planifie de réduire ses émissions de CO2 de 80% d’ici à 2050. Pour arriver à ces chiffres ambitieux, l’Union Européenne souhaite se doter d’objectifs contraignants avec la mise en œuvre d’un paquet énergie climat avec notamment la taxe carbone. Mais l’Italie et la Pologne semblent y être réticentes : ces quotas d’émission de CO2 pénaliseraient leur industrie.

               Un thème évoqué a été la politique des transports en Europe. En effet, les transports routiers étant responsables d’une part importante de la pollution de l’Union, il faudrait développer le fret ferroviaire moins polluant : 50% des marchandises aux Etats Unis et Russie sont transportées par voie ferrée, contre seulement 7% en Union Européenne. Stéphane Buffetaut soutient ainsi le ferroutage permettant une grande efficacité dans les transports en Europe. Mais le développement de réseaux ferrés européens bute sur des contraintes techniques et sur des blocages liés aux corporatismes nationaux.

               Les jeunes du Forum des Yvelines continuent à réfléchir sur le thème de l’environnement et remercient encore une fois Stéphane Buffetaut.   

La Rédaction

03.12.2008

Europe et environnement

Quelle politique

énergétique européenne

 

pour notre planète ?

 

avec

 

Stéphane

BUFFETAUT

- De retour de la Convention des Nations Unies à Poznan, Pologne -

Président de l'Observatoire du Comité Economique et Social Européen

Vice-président de la section transport énergie du CESE

Ancien Député européen

 

 

le vendredi 5 décembre 2008

de 19h30 à 21h

Bar-restaurant O'Kiddy's

15 rue Pottier, 78150 Le Chesnay

 

Rencontre organisée par les jeunes du FRS des Yvelines

 

 Depuis la gare Versailles RD, arrêts "Hôtel de Ville du Chesnay" (ligne Phébus S) ou "Pottier" (ligne Phébus B) ;

depuis La Celle St Cloud ou autre, arrêt "Bagatelle" (ligne Phébus H, A, U et V)

 

Débat ouvert à tous quelquesoit l'âge ou la sensibilité politique

Chaque participant s'engage à consommer sur place

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ou

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